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    May 13

    Elle, qui me manque !

    Samedi 13 mai 2006 11h45, sur mon lit, assise en tailleur, écoutant l’album « Life for rent » de Dido. Mes deux fenêtres sont ouvertes. L’une donne sur la mer, l’autre sur la montagne. Dehors, il fait gris mais assez lumineux. L’air est frais et humide. Il fait bon. J’aime bien ce temps un peu morose : pas fait pour aller à la plage, mais fait pour courir sur le littoral sans avoir trop chaud, faire les magasins, ou rester chez soi apprécier la vue.

     

    Au tout début, j’avais intitulé mon blog : « Superficiel ». Puis, un jour une bloggeuse, Emma, que j'aime beaucoup, m’a commenté qu’elle n’était pas du tout d’accord avec moi car ce qu’elle y voyait et lisait n’avait rien de superficiel. J’en étais flattée et je décidais donc de changer d’appellation. J’y ai réfléchi longtemps car je voulais trouver la citation où les mots qui aillent bien avec ce que je voulais montrer. Conclusion : rien ne m’inspirait. Alors, je l’ai appelé : « Simplement ». Parce que quand on ne sait pas comment faire : il faut rester simple et ne pas chercher à trop en faire au risque de surfaire. Jusqu’au jour où j’ai vu un film :  « Légende d’une Geisha ».

     

    J’ouvre une parenthèse. Vous l’avez vu ? J’ai bien aimé moi. Tout ce qui touche un peu l’Asie, ses légendes et traditions j’aime bien. Fermer la parenthèse.

     

    A la fin du film, la narratrice définit une Geisha. Elle dit quelque chose comme ça : « c’est comme une artiste dans un monde qui n’existe pas ». Et, j’ai flashé tout de suite. Je ne sais pas pourquoi. Je me suis dit c’est ça. C’est ce que je suis. Je ne peux pas prétendre à être une artiste car je n’ai aucun talent. Je suis réaliste, sinon je serais une star aujourd’hui lol. Bref, que tous ceux qui sont artistes et qui ne sont pas stars aujourd’hui ne prennent pas ça pour eux. C’est pas ce que je veux dire. Je veux dire que si j’avais un soupçon de talent, je me lancerai et j’essaierai au moins. Et même si j’en avais pas de talent, mais que si je le voulais vraiment j’essaierai. Et je ne ferai pas qu’essayer, j’y arriverai. Car vous savez ce que m’a dit une fois ma prof de français en première alors que tous mes profs voulaient que je redouble ? Elle m’a dit : « c’est toi qui  décide. Si tu y crois, ne laisse personne te dire le contraire et décider à ta place. Si tu penses que tu peux y arriver et que tu y crois très fort, n’abandonne jamais et tu y arriveras. » Je lui rend hommage d’ailleurs aujourd’hui. Jamais je ne suis allée la revoir pour la remercier. Parce que sur le moment, j’avais pas bien réalisé. C’est bien après que j’ai mesuré le poids de son conseil. Elle croyait plus en moi que moi même je ne voulais y croire. Elle savait que j’étais capable de bien plus que ce que je donnais. Merci vraiment à cette dame qui pour moi est devenue une grande dame ! Souvent je pense à elle sans qu’elle le sache d’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, ni si elle se souvient de moi. Mais, un jour j’espère bien la revoir et lui dire merci car elle m’a beaucoup apporté. Je suis passée en terminale : j’étais une vraie calamité surtout pour les matières à plus gros coefficient pour la spécialité que j’avais choisi. Mais vous savez quoi ! Je l’ai eu mon bac. Au deuxième tour avec le maximum de point à rattraper mais je l’ai eu. Depuis, je sais que je peux tout faire. Je suis capable de tout faire. Peut-être pas au même rythme que les autres, mais à force de volonté et de persévérance je peux tout ! Merci madame le professeur, vraiment merci.

     

    Enfin bref, tout ça pour dire que je n’ai pas choisi cette voie d’artiste. Que donc je ne le suis pas dans cette vie. Mais dans mon monde à moi, je le suis un peu. Et je pense qu’on l’est tous un peu à notre façon. Suffit de regarder les blogs ! C’est fou ce qu’on réalise, ce qu’on peut faire : écrire, montrer, monter, dessiner, imager, écouter… On est tous un peu artiste dans l’âme. Et je ne parle pas de ceux qui n’ont pas de blog mais qui sont dans la vie de tous les jours les plus grands artistes de cette terre : les pères et les mères. C’est pas les plus belles œuvres ça : les enfants ! Enfin, c’est Dieu le plus grand artiste à la base quand même ! Mais bon, restons à l’échelle humaine. Et je ne parle pas non plus de ceux qui n’ont pas d’enfant. Eux aussi, sont artistes. On fait tous des œuvres d’art sans s’en apercevoir. Peu importe ce que c’est. On construit... même quand on détruit.

     

    12h08 : j’ai des fourmis dans les jambes. Je fais un peu d’étirements et je reviens.

     

    Tout ça pour dire que finalement : « Superficiel » était bien approprié à mon blog. Car si je l’avais appelé comme ça c’est qu’il y avait une raison. Pas pour dire que je suis une fille superficielle non ! Ceux qui le pensent ne me connaissent pas. Je suis loin de tout ça. Je suis égocentrique, je vous l’accorde. Mais que ceux qui ne le sont pas me jettent la première pierre. Bref, je l’avais appelé ainsi car je ne voulais montrer ici que la surface. Quand j’ai créé mon blog, je me suis dit que ne vais mettre ici que des belles choses. Je vais essayer de rester positive, de faire passer des messages d’espoir et puis je vais quand même y mettre mes poèmes même s’ils ne sont pas toujours gais, ce sont mes réalisations et j’en suis fière. Donc, je ne voulais montrer que le bon côté ! Et en partie, je considère ça comme superficiel de ne montrer que ce que l’on veut bien montrer. Car ce n’est pas nous en intégralité. Ce n’est pas ça la vie. Ce n’est pas que du beau, ce n’est pas toujours tout ce que l’on veut ou que l’on croit vouloir. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Et je peux vous dire que les bas sont souvent bien plus nombreux que les hauts. Superficiel parce que j’y ai banni tout jugement de valeur. Vous avez remarqué : je ne me suis jamais vraiment exprimé sur un sujet sensible ou autre. Mon blog, personnellement, je ne lui trouve pas d’âme. Il est vide parce que je me suis toujours abstenue d’exprimer la moindre opinion personnelle.

     

    Mais aujourd’hui, j’ai décidé de changer ça. Je me livre à vous. Je dis ce que je pense au risque de ne pas plaire à tout le monde. Mais on ne peut pas plaire à tout le monde dans la vie. C’est comme ça ! Chacun sa façon de penser et heureusement : il faut de tout pour faire un monde. Entre autre, je peux vous dire que je sors d’une énorme dépression. Je respire enfin. Je suis heureuse quoi ! Vous savez ?! Heureuse ! C’est pas donné à tout le monde. Je me sens vraiment bien pour la première fois depuis longtemps. Et non pas parce que je ne suis plus toute seule : et non ! Mais parce que j’ai réalisé justement que je n’avais pas besoin d’être avec quelqu’un pour être heureuse. Non mais, vraiment ! Quelle tare cette société ! A nous marteler la tête d’histoires d’amour, de prince charmant, d’âme sœur et tout le tralala… pfffffff ! Y a pas que la société, je sais. Nos parents aussi…  Mais les pauvres, ils suivent comme tout le monde.

     

    Bon ! Ben voilà, si vous êtes arrivés jusque là parce que je sais que les longs textes ça barbe à la longue. Mais bon, si vous êtes arrivés jusque là, moi je vous le dis. Foutaise le prince charmant, l’âme sœur et l’Amour avec un grand A. Enfin, pas foutaise dans le sens où ça n’existe pas ! Mais foutaise de croire qu’on a besoin de ça pour être heureux. Et non ! La vie ne se résume pas à vivre à deux ou de finir sa vie avec quelqu’un.

     

    12h33 : je viens de m’apercevoir que le CD était terminé. Ca fait un petit moment d’ailleurs mais je ne m’en suis pas rendue compte. Je change et je reviens.

     

    12h34 : The Cranberries « No need to argue » (The complete sessions 1994-1995)

     

    Où j’en étais ? Ah oui ! Je disais donc qu’on n'est pas obligé d’attendre l’autre pour vivre. Et j’arrête de parler de « on » parce que pour les autres je ne sais pas. Je parle de moi là. Je me suis rendue compte que j’attendais quelqu’un. Enfin, j’en étais déjà consciente avant d’attendre quelqu’un, mais de l’attendre au point d’en oublier de vivre ou de croire que je ne pourrai pas vivre sans lui et que j’avais besoin de lui pour être heureuse… il y a une sacrée différence vous savez ! Parce que j’étais tout le temps là à me morfondre que j’étais toute seule. J’ai arrêté de vivre en attendant. Et ça c’est mauvais ! J’ai touché le fond. J’ai vu noir.

     

    Pourtant, je bosse, j’ai un toit pour dormir, je mange à ma faim, j’ai mes deux parents encore, mes sœurs. On est une famille de six personnes, alors de l’animation il y en a tous les jours et tout le temps. Les moments de solitude sont rares. On rigole, on pleure, on s’engueule : on s’aime quoi ! Mais, il me manquait quelque chose. Je me disais, maintenant que je bosse, que je suis indépendante et que je commence à payer mes factures, il ne me manque plus qu’un homme dans ma vie. Comme si c’était dit dans une notice : tu naîtras, tu grandiras, tu étudieras à l’école, tu obtiendras des diplômes, tu trouveras un travaille, tu trouveras quelqu’un de bien, tu te marieras, tu auras une maison, des enfants, tu élèveras tes enfants, tu vieilliras, tu mourras. Ben quoi ? C’est pas vrai peut-être ! … On a tous ce schéma là dans la tête. Et si on ne réussis pas l’un ou l’autre : c’est un échec !

     

    Ben faut vous réveiller ! Moi je l’ai fait. Ma vie n’est pas réglé comme du papier à musique désolée. Et tous ceux qui n’arrêtaient pas de me lancer : alors, toujours toute seule ? T’as pas encore trouvé chaussure à ton pieds ? Ben ils réfléchiront désormais à deux fois avant de poser la question. Parce que : qui a dit que je devais trouver chaussure à mon pieds ? Qui a dit que c’était le destin de tout un chacun ? Et de MON destin qui plus est ? Faut arrêter je leur ai dit. Vous en avez pas marre de poser toujours la même question ! Vous voyez pas que je suis toute seule et que ça fait un moment que ça dure ?! Si c’est comme ça me réponde-t-il c’est parce que j’ai du caractère qu’il faut réussir à me supporter et que ça sera pas évident pour mon futur, qu’il faudra que j’apprenne à faire des compromis. Et blablablablabla…

    Non mais, vous avez vu ? Ils savent tous mieux que moi pour moi. J’vous jure ! Alors, au début, je disais rien. J’étais paumée. Forcément, je ne savais pas trop ce que je voulais. On m’a bourré l’esprit de ces histoires de prince charmant, de mariage et de tout le tralala alors forcément j’y crois moi. Alors j’attends. Et rien ! Rien, toujours rien. Alors, je commence à me demander : qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?! Je suis si insupportable que ça. Bé non ! T’ es pas encore tombée sur le bon on me dit. Oui oui c’est ça c’est forcément ça ! J’ai pas encore trouvé le bon ! Pffffff… Et jusqu’à quand ce petit jeu ? Hein ? Siouplait… quelqu’un peut me répondre ?!!! Hé Ho ! Y a quelqu’un ? Toc toc toc… Y a personne ? Ben voui ! Forcément, t’es toute seule après avec ces idées dans la tête et personne pour t’aider à t’en sortir. Tu te retrouves toute seule à te dire que tu vas finir ta vie toute seule, que personne ne t’aimes et ne t’aimeras jamais parce que tu es insupportable, t’as trop mauvais caractère et puis de toute façon ils t’avaient prévenus. Ils te l’avaient dit : faut faire comme ci, faut pas faire comme ça, et ceci et cela ! C’est de ta faute aussiiiiiii… N’importe quoi !

     

    Et si j’étais pas faite pour la vie à deux ? Ils se sont posés cette question vous croyez ? Ne sois pas pessimiste me disent-ils. Mais qui parle de pessimisme ? Qui a dit qu’être optimiste c’était de te trouver quelqu’un et de vivre à deux ? Qui a dit ça ? Quelqu’un qui manquait d’imagination vraiment. Désolée pour lui. Il y a ceux qui sont fait pour et ceux qui ne le sont pas. Il y a aussi ceux qui croient qu’ils sont fait pour ça et qui se rendent compte que pas du tout finalement. Et vice et versa. Bref… je ne sais pas pourquoi je suis faite aujourd’hui. Mais ce que je sais, c’est que ce n’est pas parce que je suis seule que je suis malheureuse. Au contraire, je suis heureuse ! Je profite de ma famille, de mes ami(e)s, je m’investis dans mon boulot. Je m’occupe de moi, je m’apprends, je réfléchis sur moi même, sur mon but dans cette vie, de ce que je veux vraiment, de ce que je ne veux pas, de ce pourquoi je suis faite, des réalisations à faire et à venir. Je m’aime avant tout. Après, un jour peut-être, je pourrai aimer quelqu’un... et encore !

    Un jour, j’ai réalisé que je me regardais tellement dans la glace que je ne me supportais plus. Je ne pouvais plus me voir en peinture, ni en noir, ni en blanc. Je m’insupportais. Alors comment voulez vous que je supporte quelqu’un toute une vie si je ne suis pas capable de me supporter moi même en 26 ans ? Alors, j’ai su que je n’étais pas prête pour ça. Autre chose : ma liberté ! Aujourd’hui, encore il m’arrive de me rendre compte que je ne suis pas tout à fait libre dans ma tête alors comment rester libre avec un autre si déjà seule je n’y parviens pas ? Je me suis surtout rendue compte que ce manque qui me pousse à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un, ne concerne pas autre chose ou un autre. Il ne s’agit que de moi. Ce vide qui résonne à l’intérieur c’est cette partie de moi que je ne connais pas encore et qui me crie de l’intérieur. C’est elle qui me manque. C’est moi qui me manque.

     

    13h20 : vais manger.

     

    14h10 : Scorpions, The platinum collection three CD set, CD 3

     

    J’étais un peu pressée tout à l’heure. Mes parents n’arrêtaient pas de me crier pour venir manger. Alors je vais reprendre un peu.

     

    Je ne suis pas encore tout à fait finie. Et dans la notice, ce qu’on ne dit pas : c’est que grandir tu ne cesseras jamais et que te connaître tu devras apprendre. Et ça aussi, on ne cesse jamais de le découvrir, cet autre qu’on croit être ou que l’on n’est pas. Je recommence ce « on », ça m’énerve. Je parle toujours de moi bien sûr ! Mais vous l’avez compris.

     

    J’aimerai vous citer les parties d’un livre : « Vu de l’extérieur » de Katherine PANCOL qui illustre assez bien tout ce que je viens de vous dire. C’est un livre quelconque que j’ai pris au hasard du titre, de la couverture et du petit explicatif. J’ai été agréablement surprise vraiment. Je l’ai dévoré. J’ai adoré.

     

    14h30 : je cherchais les passages correspondants quand papa m’a dit : « allez, hop on va en ville chercher tes chaussures ! » Alors, je vais en ville. J’avais pas trop envie mais bon, c’est vrai que j’ai plus de chaussures. Toutes cassées et abîmées elles sont ! Si j’y vais pas aujourd’hui j’irai jamais. J’aime pas sortir. Faut toujours qu’on me pousse sinon je préfère rester dans mon monde à moi avec mes bruits, mes silences, mes rêves, mes pensées, et vous ! lol Vous comprenez mieux maintenant : « le monde qui n’existe pas » ? Sauf pour vous évidemment ! Mon monde à moi. A toute…

     

    PS : bon, y a des fautes… j’ai pas eu le temps de me relire. J’voulais publier ça avant d’aller en ville. Sinon en revenant, je sais que j’aurai changé d’avis parce que pour une fois je me livre. Je me dévoile… et y a pas que des « inconnus » qui visitent mon blog mais des gens que je connais bien aussi. Je corrigerai après.

     

    Dimanche 21 mai 2006 11h19, pas très bien réveillée. Je mets les passages de ce livre dont je vous ai parlé un peu plus haut. Ce sont des passages bien distincts les uns des autres. Bon dimanche à vous... Et j'espère que votre réveil a été meilleurs que le mien ! Bisous...

     

    « Pour une fois, je prenais l’initiative.

    Pour une fois, la force venait de moi.

    Je n’étais plu un petit wagonnet qu’on pousse, qu’on tire, qu’on entrepose sur une voie de garage. »

     

    « Je ne voulais surtout pas tomber amoureuse parce qu’alors, je le sais, je mélange tout. Je suis victime des clichés. Comme les filles du magasin. C’est à force de regarder les pubs à la télé. On rêve toutes du même : grand, brun, baraqué, qui se rase au bord de la route ou conduit en éclaboussant tout le monde ! Ou celui qui embrasse comme s’il se posait en avion : une grande ombre, deux bras musclés, deux yeux noirs et vlan ! le baiser qui écrase tout sur son passage ! »

     

    « Mamou disait toujours : quand ça ne va pas fort dans ta tête, tourne-toi vers les autres, tu en trouveras toujours plus malheureux que toi. Et puis, en les observant, tu apprendras, beaucoup. C’est la seule chose qu’il faut retenir de la religion : l’amour des autres. »

      

    « J’ai fermé les yeux et j’ai senti une grande force monter en moi. Pas à cause de Guillaume, non. Mais parce que j’avais attrapé un bout de moi. Compris un peu de mon histoire. Je n’étais plus tout à fait un petit poisson-lune qui allait dans la vie en flottant, en gobant les algues et les alevins. Je m’étais collé quelques arêtes, un début de colonne vertébrale. Un petit bout de moi que j’avais reconnu et accepté. Même s’il n’y avait pas de quoi faire la fière. L’orage de ce dimanche ne s’était pas contenté de raviner les monts et les rues de Verny : il avait fait un trou dans ma vie. Après, je n’ai plus été la même. »

     

    « C’est un truc que j’ai appris avec elle : qu’on ne peut pas être formidable tout le temps et que, si elle était comme ça, avec des hauts et des bas, c’est parce qu’elle s’y retrouvait plus, elle, dans son fourbi intérieur. Y avait trop de choses qui remontaient à la surface et contre lesquelles elle luttait. Elle perdait pied, quoi, elle y voyait plus clair. Elle mélangeait tout. Et moi, je lui servais à rien. J’avais pas assez d’outils pour l’aider.»

     

    « Au début, je ne comprenais pas tout ce qu’elle disait. Je crois bien qu’elle non plus. Elle me disait des trucs imbitables mais lumineux. C’était beau les mots qui sortaient de sa bouche. Elle était comme une fille qui a les mains dans le moteur et qui essaie de le faire démarrer. Ca fait des étincelles, des ratés, ça s’allume et ça s’éteint. Elle tâtonnait, quoi. »

     

    « C’est cette colère-là, la colère de n’avoir jamais rien décidé, de m’être laissé prendre, ouvrir, engrosser qui est remontée en moi, ce matin où je gisais dans mon lit, le ventre vidé d’un bébé que je ne voulais pas. Lui n’a pas le ventre qui saigne, les cuisses poisseuses et une couche-culotte entre les jambes. Lui est debout devant moi, mince, intact, propre, rasé de frais. En excellente santé. Ce jour-là, je me suis dit, lui c’est un homme, moi je suis une femme et c’est comme ça. Lui, il a la force de me faire plier. Et je l’ai détesté d’être si propre, si frais, si sain alors que je sentais le sang qui continuait à couler. »

      

    « On est vite devenus complices tous les deux. Complices puis amants. C’était du pareil au même. Il était élégant, il sentait bon le linge frais, il me faisait rire et surtout, surtout, il m’emmenait loin de la famille. Ce n’était que du plaisir, la vie avec lui. Mais je n’étais pas amoureuse, ah ça, non ! D’ailleurs, je ne me souviens pas avoir été amoureuse. L’amour, je m’en méfie comme de la peste. Les petites aventures, les baisers, les mots doux, les frissons qui courent sur l’échine, d’accord, mais le grand tremblement avec vœux éternels de fidélité, je n’y crois pas une seconde. L’amour, ça se déguste comme une bonne bouillabaisse mais il faut pas que ça attaque la tête ! Ca doit rester strictement dans le ventre. Là, ça fait du bien, ça réchauffe, ça ventcoulise, ça requinque. Mais la tête, il faut se la garder bien droite sur les épaules et ne pas la poser sur le billot d’un autre ! Moi, je crois à la terre, au soleil, aux maisons. »

     

     

    December 31

    La merveille du blog !

    Bonjour à tous ! Petit bilan de rigueur avant la fin de l'année. Je tenais tout d'abord à remercier tous ceux qui m'ont encouragé : votre soutien m'est très précieux et il l'est toujours. J'ai tout à fait changé d'avis : un blog n'est pas folie ou production de l'ennui. C'est magnifique un blog ! Les découvertes que l'on peut faire que ce soit relationnel, culturel... de soi. S'ouvrir sur le monde quelle sensation ! Donner procure une sensation de plénitude intense. Je vous assure. Car dans son blog, on donne un peu de soi qu'on le veuille ou non. On donne sans savoir ce que l'on va recevoir et si l'on va recevoir. Mais on donne quand même ! Eh bien, si c'est CA donner : J'ADORE DONNER et je donnerai encore. Ceux qui ne rendent pas leur blog public et qui reste dans l'obscurité : essayez vous verrez. On hésite : je le fais, je ne le fais pas. Une fois qu'on a cliqué sur le bouton, on a l'impression de se lâcher dans le vide. Est-ce que j'ai bien fait ? ... J'avais le coeur qui battait fort et je craignais de ce que j'allais trouver en rentrant. Quelle agréable surprise ! Merci Cypio. Merci Jondalard. Merci wanini. Merci à tous ! Bien sûr, je m'attendais à des commentaires déplaisants ! Et ça peut encore m'arriver ! Je vous et je me rassure : on peut les supprimer. C'est ce qu'il y a de merveilleux dans le net. Car concrètement, on peut ne garder que le meilleur et supprimer tout ce que l'on n'aime pas. On peut faire exactement la même chose dans la vie : ne retenir que le meilleur. Mais quand il s'agit de supprimer ce que l'on n'aime pas, c'est plus difficile, surtout s'il s'agit d'une personne. Essayez l'indifférence : rien de plus efficace. Mais c'est toujours plus facile à dire qu'à faire je vous l'accorde. Enfin, tout ça pour dire que je ne regrette pas mon blog aujourd'hui et que j'en suis même très fière car il m'apporte énormément ! Et quand je dis ça je pense surtout aux personnes car mon blog sans les autres blogs et bloggeurs ne m'apporterait rien. C'est cet échange qui est merveilleux ! Ce sont les personnes derrière leur petit écran qui font la merveille du blog. MERCI à vous. Je crois l'avoir déjà dis mais je le répète : on a besoin les uns des autres pour vivre. J'ai besoin de vous et je ne me cache plus de le dire et de le montrer. Avoir besoin des autres n'est pas une honte. Et le reconnaître est synonyme de liberté ! A bon entendeur salut !
    November 20

    Mon blog

    Qu'est-ce qui pousse une personne sensée et saine d'esprit à créer un blog ? On aurait tendance à trouver ça juvénile, inutile et nul ! C'est ce que je pensais. Parce qu'à vrai dire l'idée de créer mon blog m'est venue à une période de ma vie où je m'ennuyais à mourir et où je passais pratiquement mes journées entières sur le net. Au début je prenais des photos pour mes contacts afin qu'ils puissent mettre un visage sur mes mots. Puis je me suis prise au jeu. Même si la qualité de mes photos ne sont pas terribles du fait qu'elles sont prises par webcam, l'important n'était pas là. J'immortalisais des images, des expressions... et j'aimais ça. Vous verrez beaucoup de photos de moi. Je suis mon principal modèle. Mais je vous montrerai aussi des gens que j'aime. Sachant qu'ils ne sont pas tous encore là car mon blog est en cours de construction et que j'envisage l'appareil photo numérique pour sortir un peu du cadre de ma chambre ! Alors je pourrais vous montrer l'île magnifique sur laquelle je vis et les gens généreux qui y habitent. Bien sûr ce n'est pas la paradis sur terre ... quoique ! Ici aussi vous trouverez le côté obscur... Mais en ce qui me concerne, j'essais au maximum de voir uniquement le bon côté des choses et d'apprécier le moment présent à sa juste valeur. Voilà voilà voilà... je stress... qu'allez-vous penser de moi ? Car bien sûr votre avis compte !!! Dites-moi ce que vous en pensez du peu que vous voyez déjà : toutes les critiques constructives sont bonnes à prendre même si elles sont durs à avaler. Je pense qu'on a besoin des autres pour grandir et évoluer. Alors laissez-moi vos messages ! Et prenez soins de vous...
     
    P.S. : concernant ma première question ! je n'y ai pas répondu car la première question à se poser est : suis-je une personne sensée et saine d'esprit ?...